i'll kill you, emma bovary



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24 mai 09 / petite.

Les autres me semblent tellement libres de leurs mouvements que ça m’épuise. Leurs corps sont des silhouettes que je vois danser derrière un rideau; dans l’escalier tout est calme mais dans la cour parfois j’entends des cris, je me retiens d’aller regarder à la fenêtre, amusée, un peu excédée, une vieille planquée derrière la dentelle.

Rien de nouveau sous le soleil, mais on progresse certainement, au moins je ressens la fatigue, la lassitude. Les ‘événements’ me reviennent à la tête, je suis injuste, quand je pleure c’est pour rien, et trop fort, tout va bien, on y est, il le fallait.

A se retrouver à nouveau chancelante, titubant au milieu de la détermination des autres, les c’est pas si compliqué, les quand on veut on peut. Les trains, les heures vides du travail, les lettres qui s’entassent, les mots qui ne viennent pas plus facilement, les rendez-vous remis à plus tard, la force des choses, tout ça.

J’ai du mal, je m’en veux, mais je ne sais pas quoi faire.

Tandis qu’avec une acuité un peu violente, cette fille quelconque du boulot dit : ben moi je préfère ne pas dormir de la nuit qu’être en forme et ne pas savoir quoi faire de moi. Et que j’ai envie de lui coller mon poing dans la figure.

Tandis qu’un gamin de 5 ans prend P. pour son père dans les couloirs du métro et met sa main dans la sienne, confiant. Et que je me rends compte que c’est un peu trop pour moi.

….

Le jour de mes 24 ans, j’ai passé la journée à boire avec M., c’était en quelque sorte une journée parfaite, parfaitement hystérique. Depuis le parc (rosé) où je la filme un peu me parler de ses amants toujours plus exotiques, jusqu’au palier (vodka) qui entend mes premiers mots blessants envers J. Sans oublier mon retour pieds nus (bière) où l’hommage involontaire me fait rire seule - aux larmes.

Des mots tellement injustes que je me souviens encore de sa main sur mon poignet et de son regard; plus tard j’ai rêvé d’une vague immense, qui s’abat sur ma maison, en Australie.

….

Le lendemain, j’ai regardé des images de vague géante longtemps, les tsunamis sur youtube aussi, mais je n’ai pas retrouvé la mienne, il faudrait que je revois “Le jour d’après”. J’ai adoré cette vague qui ne détruisait rien, mais magnifique, impressionnante, j’ai envie de prolonger son effet. De m’étendre sur le sable quand tout est redevenu calme.

Puis je me suis rendue compte de l’inversion des rôles, j’ai compris ce que ça fait d’être celui qui doute tellement de lui-même qu’il n’y croit pas : ses bras autour de moi tous les matins et tous les soirs, et son regard qui attend.

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