06 jun 09 / la force d’inertie et ses réjouissances
Je pourrais me couper les cheveux à la garçonne, porter du rouge à lèvres rouge sang et des lunettes noires même la nuit.
Je pourrais (continuer) à essayer d’écrire ou de produire quelque chose, et être persuadée que ce n’est pas si mal.
Je pourrais sortir là maintenant avec ma caméra et filmer le vent sur la Karl Marx Allee.
Je pourrais ne plus jamais retourner au travail et envoyer une lettre de démission à base d’insultes écrites avec mon sang.
Je pourrais faire mes valises et demander à quelqu’un de venir me chercher ce soir avec une grosse voiture.
Je pourrais décider qu’il est temps de (tout) recommencer, déjà.
Je pourrais aller passer un moment en Normandie et ne rien faire d’autre qu’aller acheter du pain et des clopes (et des fraises) à vélo.
Je pourrais reprendre mes études et devenir (…).
Je pourrais avoir 400 amis un peu partout.
Je pourrais monter un Hausprojekt ici même. Ou commencer un business plan pour ouvrir une bouquinerie.
Je pourrais me rendre compte que je ne m’en sors plus toute seule.
Je pourrais décider que tout va bien.
Je pourrais pour une fois choisir une direction. Avoir des projets. M’y tenir. Avoir confiance.
Mais quand j’avais des couettes et une frange coupée trop droite, jamais je ne me suis demandée ce que je voulais faire, “plus tard”. Je n’ai jamais imaginé ou rêvé la personne que je serais. Et ça n’a pas changé.
Ca ne me réussit pas d’être inoccupée, pas du tout.