25 sept 09 / la réalité.
Je crois que ça s’apprend, finalement, de poser ses valises quelque part sans les défaire tout à fait, de les ranger sous un lit jusqu’à la prochaine fois dans une chambre qui n’est pas à soi - il y a des papillons au mur, des hello kitty cauchemardesques qui surgissent du moindre placard, rideau, tapis, des photos de filles trop blondes qui font la moue accrochées au mur; ça me change des souvenirs plein les armoires et des crânes dans les vitrines.
Oublié le samedi où je voulais me jeter dans le Rhône, depuis j’ai trempé mes pieds dedans, un jour où il a pris le train pour me rappeler que je n’étais pas tout à fait passée de l’autre côté.
Et puis je suis revenue à Berlin oublier pendant quelques jours une nouvelle vie, une nouvelle ville, une nouvelle colocataire et une nouvelle fac. Trois semaines ont suffit pour que mon regard se déshabitue des plafonds trop hauts et des pièces trop vastes de mon ancien chez-moi, et après 21 nuits passées seule, je me suis demandé qui venait de glisser son corps chaud contre le mien déjà endormi.
Les tramways bondés, les rendez-vous matinaux, les pages à lire, les formalités à accomplir, les films à voir. C’est bon, j’ai tué Emma, la fille qui s’accrochait aux fenêtres de cette maison, et malade et fiévreuse, je ne retrouve de la ville que certaines tâches de couleur, j’accuse un peu le coup de cet assassinat.