06 dec 09 / boat behind
Une belle paupière gonflée au réveil, message (1) un mail publicitaire, une après-midi qu’on traîne à partir de 15h, un peu tout sauf le goût et la couleur d’une vie, ce ne sont que deux jours en transit que je fête avec des larmes. Rien à pleurer si ce n’est le vide qui se glisse entre une capitale allemande et une ville française, entre mon coeur resté là-bas et mon coeur qui battra bientôt certainement avec un peu trop de légéreté pour un peu trop de possibilités.
Mes nuits d’avant le départ qui sont souvent les mêmes, quand la peur de n’avoir rien fait et pas assez dit prend le dessus - mais qu’il est déjà trop tard, etc etc etc.
Mes nuits d’après à géométrie variable, avec tout ce calme ou l’oubli lorsqu’elles sont animées.
Ma capacité à m’adapter m’effraie (et comment s’adapter si ce n’est en tombant au moins un peu amoureuse), pourtant si certains souvenirs devaient garder toujours la même intensité, je crois bien que j’en mourrais.
Alors, en oubliant les jours où j’ai éteint la lumière juste avant la crise de nerfs, je rêve à de nouveaux souvenirs à fabriquer, qui faute de mieux pointent parfois au détour d’une caisse de supermarché ou d’une bière partagée à leur insu avec des suisses à l’identité nationale douteuse, et qui, cachant ainsi leur vraie nature, promettent carrément le présent, et la fin de la nostalgie.
Tant qu’on ne les perd pas de vue, il faut croire que tous les voyages sont encore possibles (personne n’a encore raté un train qui n’était même pas parti).