14 jan 09 / a place to be
Est-ce qu’un cadeau dit réellement quelque chose de la relation que vous avez avec la personne qui vous l’offre? J’ai finalement eu un cadeau de Noël, c’est un livre de photos de S., qui était censé être prêt pour le 24. S a pris des photos pendant tout le dernier mois du m*nibar, ce mois de mars dont je n’ai pas gardé un très bon souvenir. Et là, J m’offre ce livre. Je ne pourrais pas dire que ça ne me fait pas plaisir, j’aurais été déçue de devoir le demander à S, ou pire, de ne pas en entendre parler. C’est un geste qui me fait plaisir dans la mesure où ce livre, c’est d’abord une partie de sa vie à lui, de ses souvenirs. ‘Il y a des photos de toi’, dit-il. Oui, c’est un joli cadeau, mais explosif aussi. Des photos de moi, il y en a effectivement, ainsi que des photos de l’Ex, des photos des ‘aventures platoniques’, des photos de ‘l’amie proche’. Des photos de moi, il y en a peu, parce que j’ai assisté à seulement deux de ces douze soirées immortalisées. Le reste du temps, je n’étais pas là, j’étais hors champ pour lui faciliter les choses, pour ne pas m’imposer sur la photo de famille, j’étais occupée à l’attendre sans prendre trop de place. Je n’étais pas là et j’ai l’impression que tout ce temps il n’a pas remarqué mon absence. Et ce livre, c’est à ça qu’il me renvoie.
Ce matin je pensais à tout ça, au livre, aux portes fermées, aux absences, et aux mystères, et j’avais besoin de m’éloigner (ce matin j’avais de la fièvre). Puis l’atmosphère, l’odeur, le truc là-dedans, m’a rattrapée, et je me suis sentie piégée, parce que je ne pourrai pas oublier, parce que je ne pourrai pas sortir ça de ma vie, c’est tellement couru d’avance.
‘Du lebst fast schon hier’ a dit C. hier (=tu vis presque déjà ici), en se trompant lourdement, mais ce n’est pas si faux, après tout, je vis presque déjà là-bas, toute la difficulté c’est que je ne peux pas y poser mes valises, ni ma tête trop lourde.
Retour des pertubations immobilières. ‘On va boire un coup à notre nouvelle cuisine’ a t-il dit. Ca n’a l’air de rien, ça a peut-être l’air ridicule, mais cette histoire d’appartement finit par cristalliser le manque et le refus, la peur et l’envie.
Ces jours-ci, mon “sich-so-ein-leben-vorstellen” préféré s’appelle partir d’ici et le garder dans ma vie quand même, se dessine je vis ma vie et je reviens vers toi à coup de train les week-end, s’épelle encore une fois a-t-t-e-n-d-r-e.