i'll kill you, emma bovary



kill_emma_b(at)hotmail.fr
twitter

+

pixie
spoons
sskizo
paulette
girls and geeks
charlotte
the only way
jeno
in

19 jan 09 / microscopize me

De deux choses l’une, être systématiquement insomniaque quand je travaille le lendemain (‘coucou, il est 5h et demi, je regarde how i met your mother pour éviter de me taper la tête contre les murs’) peut signifier :
- que je suis insomniaque
- que mon corps me lance des signaux de fumée

Je rencontre des gens intéressants en ce moment. A cette soirée par exemple, un J avec dix ans de plus que moi : ‘il va falloir qu’un moment, quand même, tu fasses des plans A, B et C, sinon dans 5 ans tu y es toujours dans ce call-center’. Les gens qui m’intéressent en ce moment sont ceux qui me bousculent, j’en ai bien besoin. Quoique je me vois moi-même avec ma clope et ma bière à la main, essayant de jouer la fille cool qui ne s’en fait pas, alors même que je transpire l’angoisse, qu’aucun de mes projets flous ne tient debout - et que je n’arrive même plus à aller à ce fameux travail. Il m’a fallu du temps pour admettre que je m’étais paumée en route. J’ai l’impression d’avoir jeté mes petits cailloux par la fenêtre, et maintenant je suis accroupie dans la boue à essayer de remettre la main dessus. C’est juste génial.

Il y a du y avoir méprise. J’aurais bien aimé savoir ce que ça fait d’être une pierre qui roule, “with no direction home’, mais la vérité c’est que cette sensation je ne la connais pas, je ne suis pas configurée pour l’apprécier, ‘tu reprendras bien un peu de légèreté?’. La façon dont je me suis compliquée la vie depuis le début de ma vie berlinoise me saute maintenant aux yeux, de même que celle dont j’ai fui en venant m’installer ici. Toute cette histoire est une mascarade. Je peine à m’en réveiller.

Il me semble que j’aurais moins la sensation de l’échec, celle que je redoutais tant, si je décidais bientôt de me rendre la vie plus facile en rentrant en France, ce qui va probablement arriver. Je crois même que ce serait une victoire d’arrêter de me laisser pourrir comme une plante verte qui manque d’eau. J’aimerais en tout cas être assez forte pour voir les choses de cette façon quand ça arrivera.

Je ne sais pas quand il a été décidé que j’étais une personne à tendance mélancolique ascendant nostalgique. Je l’ai toujours été, sans trop de difficulté finalement. Ici, je suis devenue juste triste. Ce qui faisait que j’étais moi s’est mis à devenir plus gros que moi, et soudain les comptes n’ont plus été bons. Je savais qu’en venant ici (compte tenu des raisons qui m’ont attirée d’emblée dans cette ville) j’allais vers ce côté-là; je ne savais pas que le côté était un versant, et qu’il n’aurait pas d’opposé.

Et, quitte à abandonner une certaine part de ce qui me constitue, une certaine part de mon enfance, une certaine part de mes chimères, aujourd’hui je sais que je n’ai plus envie de passer mes nuits à fumer des clopes, que je n’ai plus envie de pleurer sous la pluie, que je n’ai plus envie d’être celle qui s’enfuit des soirées sans prévenir personne. Je ne rêve plus d’être un personnage de roman; dans ma vraie vie je ne veux pas être bancale. Et, pour la première fois, je n’ai pas d’autre prétentions qu’arriver à sourire sans me forcer.

Comments (View)
blog comments powered by Disqus