20 jan 09 / about two boys
Trois garçons. J’aurais pu passer ma vie à regarder seulement l’un d’entre eux, à essayer de comprendre son charme, sa grâce.
Le premier m’a hypnotisée pendant deux ou trois ans, un éblouissement comme on n’en fera plus, puisque je ne suis plus une lycéenne transie. Je ne sais pas s’il était beau, j’avais seulement l’impression que son visage reflétait tout ce que j’étais, à l’époque.
Les deux suivants furent des paillettes de kaléidoscope.
Le deuxième s’appelait Samuel. Il était pauvre, snob et sous traitement. Quand il m’a embrassé, un soir où il était monté boire de la vodka, je n’en ai pas dormi de la nuit. Il avait déposé son étui à guitare chez moi, il disait qu’il voulait aller jouer dans la rue mais ne le faisait pas. Chez lui, on s’allongeait sur son matelas posé sur le sol jonché de polaroids de lui.
Le troisième s’appelait presque Adrien. Il m’a prise dans ses bras en sortant d’une péniche; il m’a fait boire du champagne en mangeant des fraises tagada, il m’a entraînée sous la douche. Son mélange de douceur, de rage et de sérénité me rendait folle. Le matin, je me levais plus tôt que lui; c’est la seule personne à qui j’aie jamais demandé de ne pas bouger, pour fixer son image.