02 feb 09 / who’s in the house? it’s JC.
J’ai regardé ‘Jesus Camp’ ce matin (non mais en fait je suis en arrêt maladie jusqu’à mes vacances) et je ne m’en remets pas. Ce n’est pas tant le fait d’apprendre que dans certaines régions des Etats-Unis, le créationnisme est enseigné parallèlement à la théorie de l’évolution, que par conséquent il existe des livres de classe où l’on enseigne que ‘la science ne prouve rien’, ni même les 25 % d’Américains qui se disent chrétiens évangéliques (ou born again).
Ce n’est pas non plus les arguments à deux balles qui lient la foi en Dieu au vote pro-Bush (ben voyons), ou à l’opposition à l’avortement, ou à l’homophobie.
Ce serait plutôt de voir ces gamins à qui l’on apprend tout à la fois qu’ils sont des pêcheurs s’ils rigolent une minute sans rendre grâce à Dieu, des blasphémateurs s’ils lisent Harry Potter, des proies faciles pour le Diable s’ils se laissent tenter, mais aussi des sauveurs potentiels du Monde, donc de l’Amérique ( j’ai appris au passage que les Etats-Unis étaient la nation de Dieu), des membres d’une génération pure qui va stopper la déchéance engagée depuis..depuis..en fait, personne ne le sait, mais tout le monde évoque ce tournant d’un air convaincu.
Ca ne doit pas être évident de porter le mal, la misère et le salut du monde sur ses épaules quand on a 10 ans. Heureusement l’Amérique est remplie de gentils adultes prêts à les “entraîner”. Au programme : on s’effondre en larmes pendant la prière, on tombe par terre, si possible on convulse au passage, puis on parle tous la langue de l’esprit saint dans la joie et la bonne humeur. On crie “fire in the world” devant une reproduction de Bush en carton, on hurle pour tous les “bébés” avortés qui n’auront jamais la chance de répandre la bonne parole.
Je crois que c’est ça qui m’a vraiment fait peur, l’utilisation de l’innocence en fait. Heureusement, ils ont de supers bonnes raisons les born again : les autres religions mettent des armes dans les mains de leurs gamins, alors les terroriser, qu’est-ce que c’est finalement, d’autant plus qu’à cet âge, c’est vraiment productif : quand tu leur dis quelque chose, non seulement ils y croient, mais en plus ça s’imprime pour toujours dans leur cerveau. Malin.
Le film est sobre (autant que faire se peut) et assez glaçant, ne juge pas et ne fait pas la morale (= anti Michael Moore). Un peu tout le contraire de “Where in the world is Osama bin Laden” (je jure que je l’ai vu contre mon gré).
Jesus Camp :