16 feb 09 / vollmilch.
Je m’ennuie. Mon frère est là depuis hier soir, et je m’ennuie. Il veut voir mes potes, rencontrer mon mec. Je me sens un peu minable devant ma bière.
J’aurais adoré l’emmener chez J, passer une autre soirée accrochée à mon verre et à ses paroles. Au téléphone il est condescendant, il fait semblant de ne pas entendre la lassitude de ma voix, peut-être qu’il ne l’entend pas, “ça va, vous risquez pas de vous ennuyer”. J’ai envie d’une crise. Je ne sais même pas de quoi j’ai envie. J’ai envie de me perdre.
Quand j’étais gamine, je ne m’ennuyais jamais. Je passais des heures dans ma chambre à bricoler, à lire, on appelait ça “mamailler”, là d’où je viens. Après, en même temps peut-être, les crises d’angoisse, ou quasi. Je harcelais mes parents : on fait quoi ce soir. On ne faisait rien, c’était normal, j’avais 8 ans.
Il y a peu de choses qui m’amusent vraiment, qui me divertissent. Il y a peu de choses qui ne sont pas perverties par le besoin, par le besoin de la satisfaction immédiate.
Marre de vouloir toujours plus.