14 mar 09 / in between days (bis).
Benoît est assis par terre dans la cour en train de répondre aux grives qui chantent. Il est 8h du matin, le soleil est timide, je vais travailler, nous sommes samedi, il rentre d’une soirée, il s’est arrêté dans la cour, il a une étoile peinte sur la joue.
Ces journées sont étranges, ce sont celles où à 6h nous sommes réveillés, le lendemain d’une nuit où pour la seconde fois consécutive je me suis endormie devant les dix premières minutes de Citizen Kane.
Il se lève en m’apercevant, s’immobilise dans le cadre de la porte, la seule ancienne qui reste, qui a échappé à la peinture grise (“mais qu’est-ce qu’ils ont fait, ces cons”). Benoît. Alors on fait un câlin, je l’écoute un peu me parler de son amoureuse qui est partie mais qui reviendra demain, transi comme toujours.
Je l’aide à monter jusque chez lui. Il se casse la gueule, mort de rire, insiste pour aller sonner chez J.
Derrière la porte, il y a mon café soluble préparé par quelqu’un qui croit qu’une demi-cuillerée suffit, un peu trop encore de la douceur de notre matinée à la fenêtre de ce mois de mars sans giboulées mais plein d’éclaircies, ces mots qui font que j’ai un peu de mal à soutenir son regard en pleine lumière.
J. n’ouvre pas, on atteint le bon étage, non je ne peux pas entrer boire un verre de blanc, ni même un café, je suis en retard, il faut que j’aille travailler, tu devrais aller te coucher, profiter sans y prêter attention de ce matin où enfin une autre atmosphère est en train de voir le jour.