i'll kill you, emma bovary



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25 mar 09 / do you hear me.

On dirait qu’on serait déjà à l’après, qu’on aurait déjà digéré tout ça, les heures d’attente, les prénoms infâmes qui s’étalent sur les cartes de remerciement dans le hall d’entrée, la paperasse à remplir. Pétrifiée face à la maladresse linguistique du médecin qui en dit par conséquent le moins possible, je n’en pense pas moins mais n’ouvre pas la bouche. Je vais avoir besoin de changement, même si ce grand changement-là je viens juste de le refuser, pour ne pas être tentée de faire comme si rien ne venait de se passer dans cette salle d’examen où le temps, de flèche à tracer, devient croix à poser sur une case.
J’écoute des conseils, des prévisions et des statistiques, des mots d’un autre monde, qu’importe, puisque quand j’aurai répondu à la question, ils seront remplacés par un autre, un seul, plus rien à voir madame, on remballe, dorénavant ce n’est plus de notre ressort.

Pas de maladie des os, des veines, de l’estomac, pas de maladie du sang, pas d’antécédents familiaux. Pas de maladie du coeur. Rien à déclarer.

La colère vient seulement des réponses que je ne donne pas parce qu’elles correspondent à des questions qu’il faudrait que je pose moi-même, nous n’avons pas le temps pour la délicatesse, nous avons autre chose à faire que décrypter votre regard, tout ça se terminera de toute façon par une clope urgente devant notre immeuble.

On n’arrête pas de me demander s’il y a une main dans la mienne. On la regarde pourtant étrangement quand elle se pose sur mon poing serré en pleine traduction de termes barbares, il doit bien y avoir langage amoureux plus romantique.

L’essentiel est ailleurs, mais il en faudra en passer par là plutôt qu’entre nous. Quant à ce paroxysme, il faudra désormais s’en passer aussi, ou en inventer un autre.

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